Classique et jazz >> Musique "Classique".
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Samedi 16 Janvier 2010 - 20:37:02
Carmina burana et may it be ( Lord of the ring theme )0 

Mercredi 12 Mai 2010 - 16:59:20



Claude
Debussy - La mer ( écrit en 1905 par le compositeur français )

Je découvre. Jusque là, je comprends un peu le qualificatif "impressionniste" de la musique de Debussy, même si le compositeur s'en est toujours démarqué. C'est une oeuvre qui demande une concentration Intense des deux oreilles et qui insiste énormément sur les transitions ( les jeux de vagues ) plutôt que sur une succession de thèmes. L'orchestration est extrêmement riche, à milles lieues de ce que l'on peut entendre d'une musique tonale ( les oeuvre de Debussy ne sont pas atonales mais font déferler les tons sans arrêt ( modernisme ), bien plus digeste qu'une oeuvre sérielle pour ma part ) ou d'une sonate à la Charles Ives.
Plusieurs écoutes sont nécessaires mais je pense que ça en vaut vraiment le coup.



Jeudi 13 Mai 2010 - 13:09:24


citation :
Wyndorel dit : Marrant, c'est bien possible ^^! Mais véritablement intéressant c'est beaucoup plus rare... Il est vrai que la musique contemporaine n'est pas considérée comme la continuité de la musique "Classique" (entre guillemets pour signifier au sens large du terme), même si ça reste le même genre de musique. Quant au public visé, ça peut être un peu tout (par exemple un compositeur, féminin, dont je n'apprécie par ailleurs pas l'oeuvre, a travaillé avec de jeunes enfants), même si généralement cela reste une musiques savante destinée à un public plus ou moins initié, bien que, comme pour le "Classique", il y ait différents niveaux de perception, de compréhension (quoi que ce soit une musique tellement recherchée et conceptuelle qu'elle en devient difficile d'accès).


Je rebondis sur ce vieux post.

Dans la frange de la musique moderne, tu as tout de même plusieurs courants qui sont la directe continuité du classique, comme le néo-classicisme de Ravel ( La Valse ) ou Stravinsky à leurs débuts ( Petrouchka, L'oiseau de feu ).
Puis Mussorgsky, l'un des représentant d'un fort patriotisme musical post-wagnérien, mais dont la plupart des oeuvres ont été fort critiquées ( ou terminée par Rimsky-Korsakov )

Là où tu as notamment vu juste, c'est au niveau de la sophistication que Debussy ( et Ravel à ses débuts ) ont apporté à leur musique, en mettant un accent particulier sur les transitions et les harmonie descriptive capables de te donner des impressions d'images et des émotions étranges, pourtant Debussy était vraiment hostile à cette intellectualisation grandissante de la musique.

Puis il y a Arnold Schoenberg... celui qui a inventé le sérialisme, de la musique cérébrale par excellence que je supporte difficilement à part Pierrot Lunaire, et pas mal de compositeurs l'ont suivi dans ses théories, estimant que l'avenir de la musique contemporaine était destiné à ça. La musique "savante" quoi ( rien que ce terme me donne presque envie de vomir )




Jeudi 13 Mai 2010 - 17:52:43
Le terme musique savante me semble désigner ce que l'on nomme généralement musique "Classique", par opposition à la musique du peuple, si je puis dire. Dans l'idéal, je préfère d'ailleurs ce terme à l'appellation courante "Classique", quelque peu injuste et usurpée puisque ne désignant qu'une période de la musique. Enfin, peu importe.
Mais il est vrai que lorsque je parle de musique contemporaine, je vise les jours présents et n'y inclus donc pas ces derniers grands compositeurs (bien qu'à l'époque déjà, des compositeurs tels que Boulez me semblent d'une relative stérilité, malgré sa renommée...). J'aime beaucoup les compositeurs que tu cites, et même si le style de Schoenberg est généralement difficile d'accès, je lui trouve un certain intérêt qui mérite approfondissement (chose que je n'ai pas entamée pour l'instant), et puis il y a de vraiment belles choses également. Je le considère comme un vrai grand compositeur, ce que je n'affirmerais pas à propos de Boulez par contre, pour reprendre mon exemple...

Je croyais ce topic mort et enterré, j'apprécie donc cette intervention ^^, et en profite pour échanger ce pur moment de passion: http://www.youtube.com/watch?v=rDPBhDii7qg. Cette ballade de Chopin est tout à fait somptueuse, et je crois bien qu'il n'existe, à ma connaissance, aucune interprétation qui soit meilleur que celle-ci. En dehors de l'enregistrement d'une qualité perfectible, quoique conférant une atmosphère fébrile à l'ensemble, je ne puis qu'être inévitablement touché par la singularité de son exceptionnelle sensibilité, mon cher professeur. Bien sûr, j'aurais parfois une délicatesse différente, mais une fois n'est pas coutume, je suis privilégié de pouvoir bénéficier de son enseignement, d'une authenticité hors de ce temps...

Et pour être généreux, l'une de ces inclinations embrasant mon coeur dès que le parfum s'en fait sentir, l'âme slave: http://www.youtube.com/watch?v=MM4tD422nTQ (avec la plus profonde basse du monde).
Pour finir, une oeuvre suprême d'un génie méconnu: http://www.youtube.com/watch?v=5KsB3mhgcy8.


Jeudi 13 Mai 2010 - 18:24:04
On est bien d'accord. Mais en fait le terme musique "savante", je l'ai utilisé pour qualifier la musique disons cérébrale, en gros comme tu dis, pour des initiés qui y voyaient une révolution technique, et il est vrai que à ce niveau, Schönberg a réellement créé une nouvelle manière de composer ( et a poussé accessoirement l'atonalité à devenir indépendante. ) D'ailleurs, je suis on ne peut plus d'accord avec toi sur la qualité de certaines oeuvre de Schönberg, mais je pencherais davantage vers sa période post-romantique. La nuit transfigurée est un sextuor à cordes magique par exemple.
Puis il y a Pierrot Lunaire, inspiré de son sérialisme mais qui subit plein d'arrangements entre des tons cohérents à le rendre mélodieux et super original.



citation :

  http://www.youtube.com/watch?v=rDPBhDii7qg.


Amusant... ou plutôt troublant. J'ai passé cette ballade à mon grand père mourant cet après midi ( c'était un adorateur des compositeurs romantiques, et Chopin était l'un de ses idoles ). C'est vrai que l'interprétation est d'une justesse enivrante, cet allegro vers 2:10 déborde d'émotion. Merci pour ce moment 

Je rebondis d'ailleurs sur cette oeuvre pour proposer le premier mouvement des Gnossiennes de Erik Satie, compositeur contemporain surréaliste, une première pièce axée sur trois thèmes similaires auxquels il impose ses légères variations. Je n'ai que rarement écouté des arythmies en telle symbioses avec ces mélodies entêtantes, bien que tout reste très étroit harmoniquement. C'est surtout au niveau de la vélocité des notes que l'exercice intervient. D'ailleurs c'est assez chaud de la reproduire fidèlement.

http://www.youtube.com/watch?v=PLFVGwGQcB0

Et puis, la passion selon st jean de Bach. Ces magnifiques tissages harmoniques de l'orchestre et son rapport avec les choeurs dégagent une puissance de dingue tout en étant assez proche des atmosphères du Requiem de Mozart. Cette version est assez dure, mais ça lui convient très bien.

http://www.youtube.com/watch?v=oBJ3cQ5uyE4





Jeudi 13 Mai 2010 - 19:22:09
Belle coïncidence en effet... mais à vrai dire, en ce qui concerne cette oeuvre, je suis plus touché par l'extrême délicatesse du thème principal, avec son déroulement aux évolutions toujours poignantes de douceur. Lors de sa reprise après l'impétueux développement (lui aussi empoignant et apportant également ce magnifique relief et cette grande passion à l'ensemble), il débouche d'ailleurs merveilleusement, à l'aide d'une éloquence brièvement plus dramatique, sur cette nouvelle couleur encore somptueuse de délicatesse vers 3'25 où la main gauche converse amoureusement avec sa compagne jusqu'à l'ardente transition ramenant au développement final, qui s'épanouit davantage avec toujours plus d'animosité, avant de subitement retomber en cette délicatesse d'autant plus marquée du thème principal (relief bien présent dans cette oeuvre), qui se mue alors d'une subtile mélancolie concluant avec une grande beauté ce joyau.

J'aime assez Erik Satie, mais pas au même titre que d'autres. Au niveau du répertoire pianistique, Brahms reste sans doute mon compositeur préféré, tant ses oeuvres sont d'une beauté et d'une profondeur sans pareil.

Je connais bien les Passions de Bach autrement, et je dois dire que cette interprétation ne me convainc pas franchement. Le chef d'orchestre n'est selon moi parvenu à restituer le mouvement subtil "tournoyant" de cette introduction, évoquant une certaine tourmente, et nous propose une dynamique très rigide manquant alors du relief et de l'harmonie des différents phrasés des cordes nécessaires à exprimer ce souffle particulier. Certains aspects en deviennent même absurdes de rigueur, affichant pourtant en sus une sorte de nonchalance pesante et désagréable; les choeurs notamment, retentissent comme des coups de tromblon assenés à l'auditeur à la place de ces vibrantes clameurs que nous devrions entendre, sombres et aussi soudaines que la douleur ne nous étreint, résonnant dans l'obscurité, avant d'entamer cette progression soutenue tourbillonnant dans l'affliction. J'aime beaucoup la version de Harnoncourt, qu'il sera assurément difficile de surpasser, et ne peux que te conseiller de te procurer le magnifique digipack aux sublimes peintures on ne peut plus mieux choisies.

Jeudi 13 Mai 2010 - 19:38:01
je connais très mal Brahms, si ce n'est un compositeur romantique qui a marqué le piano, oui. C'est pas du tout la même école que Satie mais si tu as des pièces à me proposer, je suis preneur.

Je crois qu'on a tous bien remarqué à quel point cette représentation de la passion était académique ( d'où la dureté ), quoique les choeurs possèdent encore ce petit timbre assez franc du collier que j'aime bien, puis le rapport entre l'oeuvre, l'interprète et l'auditeur, c'est comme la communication, c'est devenu totalement subjectif. L'avantage, c'est que c'est tellement léché que c'est très accessible à la décortication de l'ensemble même si on perd franchement en chaleur.

Je ne connais pas la version que tu cites, je n'ai que le digipack de la Collégiale de Paris dirigé par Herreweghe ( qui ressemble assez à ta description ). C'est la deuxième version que j'avais écouté, la première est un 45 T perdu depuis belle lurette, que je me casse à retrouver ne sachant plus quel est l'interprète. Puis cette version était à la fois d'une intimité bouleversante tout en étant extravagante ( les choeurs était assez agressifs aussi ), et c'était pas le son vinyle qui créait ce climat.


Jeudi 13 Mai 2010 - 20:05:49
Je viens de trouver ce que je cherchais: l'introduction de la Passion Selon St Jean dirigée par Harnoncourt. J'en profite pour y ajouter l'introduction de la Passion Selon St Matthieu, où l'on sent bien également ce mouvement particulier (que je ne pourrais exprimer que par un geste de la main, ainsi qu'un mime vocal, donc je ne saurais en dire plus ici ^^) dont je parle auparavant.
Comme je l'ai précédemment dis, ces peintures habillant les magnifiques digipack (à se procurer d'urgence ^^) de cette version d'Harnoncourt représentent avec une justesse et la plus grande beauté baroque le contenu qu'elles ornent.


Quant à Brahms, je suis particulièrement fervent de ses intermezzi, ballades et rhapsodies. Comme tu l'as souligné, la subjectivité ne nous épargnera jamais, et c'est pour cela que je ne saurais prédire à quel point ces oeuvres pourraient te toucher (je suis aussi quelqu'un de singulier, manifestement...), mais je ne connais guère de pièces d'une aussi grande profondeur et beauté, si véraces et subtiles, sachant à la fois déborder de passion comme nul autre à chaque instant, grâce à un sens de la mélodie et de l'harmonie singulier ainsi qu'une dynamique toute aussi exceptionnelle, tout en préservant cette infinie pureté, sobriété...

Voici quelques morceaux:
Intermezzo Opus 117-1

Intermezzo Opus 117-2

Intermezzo Opus 117-3

Intermezzo Opus 118-2

Ballade in B major Opus 10-4
Rhapsody in B minor Opus 79-1

Bien que je ne sois pas en parfait accord avec le style analytique de Glenn Gould, je trouve qu'il s'en sort très bien ici, et j'apprécie toujours la finesse de son jeu, ainsi que certaines trouvailles dont il fait preuve.


EDIT: j'ai modifié mon message afin d'en améliorer le contenu...


Dimanche 30 Mai 2010 - 18:23:27
Harmoniquement, la musique de Brahms est très très riche, ça se ressent. Beaucoup de dynamique dans sa Rhapsodie notamment. Je mets les liens en marque page et y retourne pour décortiquer ça plus en profondeur.

Sinon, vu qu'on est dans le romantisme, pour le moment, beaucoup de Tchaikovsky passe. Vous savez? Ce compositeur au don mélodique encore inégalé. Mais, pour moi, ce n'est pas vers ses ballets que je me tourne pour savourer ce talent mais plus vers ses concertos et sérénades.

Le concerto pour piano n°1, grandiloquente, et puis cette faculté à faire d'un arrangement somme toute assez simple, une ritournelle de toute beauté, sans parler de ses constructions pleines de rebondissements :

http://www.youtube.com/watch?v=scm4eUORJ2s

le Capriccio Italien. Mon préféré. Délivrant toutes les émotions possibles... puis ces mesure aux altos... qui enchaînent sur d'autres séries de mesures où nappes de violons et dialogues entre hautbois et flûtes provoquent une montée croissante, de la sérénité vers un éclat de puissance dingue magnifié par cymbales et trompettes. Puis ces transitions entre mouvements tragiques, airs traditionnels valsants et chevauchées à travers les sempiternels arrangements du génie... Cette version est pourtant très moyenne et manque de caractère, rien ne vaut celle de l'orchestre philharmonique de Ljubjana, dirigée par Munih qui restitue parfaitement les écarts de vélocité et la fluidité des instruments.

http://www.youtube.com/watch?v=PXWZH4HQ1Gk




Samedi 31 Juillet 2010 - 16:22:42
Si tu apprécies tant Tchaïkovsky, voici l'une des rares fois où l'ensemble au grand complet joue son oeuvre 1812, magnifique et triomphale.

Autrement, si ce n'est déjà fait, je voudrais attirer ton attention sur le génie Bruckner, en l'introduisant par ce simple extrait (simplement, si je puis dire, parce qu'il me transcende), bien qu'il faille absolument que tu te penches sur ses symphonies (par Furtwängler) avant tout. Cependant, la profondeur voire la démence de son oeuvre reste difficile d'accès...

Puisque je découvre toujours plus Franck, je tiens également à te faire part de ce sublime (parmi d'autres) morceau de piano, magnifié par mon vénéré maître une fois de plus... J'aime énormément le Prélude, Fugue et Variations de ce même compositeur (toujours en relation avec l'orgue, d'un romantisme quelque peu baroque, dirais-je -à l'inverse de Bach je pourrais ajouter ^^-), mais l'enregistrement de Jean-Gabriel (également présent sur Youtube) reste insatisfaisant pour ma part (et très peu de toute façon pour lui-même, notamment faute à une prise de son relativement médiocre...), alors je te fais part ici de la version originalement écrite pour orgue, interprétée par ce fantastique organiste (dont je n'apprécie pas toute les fantaisies cependant).

Et puis, pour finir, un petit hommage à l'insurpassable Lemeshev. Très rares enregistrements qu'un ami a eu la chance de pouvoir acquérir grâce à une généreuse connaissance...